Bafoussam : Son fils meurt après un rituel pour tuer le voleur de sa chèvre
La sexagénaire était loin de s’imaginer que le mal qu’elle projetait contre autrui se retournerait contre elle.
Darius F (31 ans) a été inhumé il y a quelques jours au quartier Banengo lieu-dit ‘’Alpha’’. Lors des obsèques, les témoignages de ses proches convergeaient sur un fait : sa mort n’est pas naturelle. Ces derniers imploraient même le Très haut afin que l’auteur de cet acte odieux périsse lui aussi, qui qu’il soit. Mais au lendemain de ces obsèques, les langues ont commencé à se délier et progressivement, le voile est tombé sur l’identité de celui qui aurait provoqué la mort de ce jeune présenté comme calme et grand bosseur. Les soupçons pesaient contre les coépouses de sa mère, ses patrons et certains de ses amis. Au finish, il ne s’agissait de personne parmi ces suspects dont les noms se murmuraient, mais de celle que personne jusque-là n’avait pointé du doigt : sa mère. Celle-ci aurait confessé son acte à quelques proches.
Tout part en effet d’une chèvre reçue lors de la dot d’une de ses filles. Quelques jours après cet événement, celle qui se fait appeler ‘’Ma’ So’’ constate que l’animal a disparu. Elle est dans tous ses états. Partout où elle passe, elle menace. Elle menace de mettre un terme à la vie de celui qui a osé voler la chèvre si chère reçue à l’occasion du mariage traditionnel de sa fille. Selon nos sources, elle menaçait certes tout le monde, mais le suspect principal n’était autre que le fils d’une de ses coépouses. Après un petit temps de mise en garde, appelant le voleur à ramener sa chèvre, elle passe à la vitesse supérieure. Elle contacte un marabout avec une demande claire : tuer son voleur. Pendant les consultations préliminaires, l’homme doté d’un pouvoir surhumain attire son attention sur le fait que celui qui pourrait tomber « se trouve sous la plante de ses pieds ». Malgré cet avertissement, elle ne recule pas. Au contraire, elle est davantage convaincue que ses soupçons venaient de se confirmer ; puis admet que le sinistre projet se poursuive. Les accords sont scellés, le marabout entre en action et lui donne trois jours pour obtenir les résultats.
De retour, Ma’ So est particulièrement joyeuse. Dans une boutique du coin où se trouvaient de nombreux jeunes du quartier dont son suspect, elle offre une bière à tout le monde, indiquant que celui qui refusera de boire sera considérer de fait comme son bandit. Sauf que curieusement, ces jeunes vont aussitôt sauter chacun sur sa bouteille et en quelques minutes, ils avaient déjà vidé son contenu comme s’ils mouraient de soif, demandant même à leur bienfaitrice s’ils pouvaient en prendre une seconde. Elle est surprise, mais ne le manifeste pas. Plus tard le même jour, elle reçoit une information qu’elle n’attendait pas. Son fils fait savoir que c’est lui qui a vendu la chèvre recherchée. Ma’a So n’en revient pas et se précipite chez le marabout dans le but de revenir sur sa décision. Malheureusement, le pacte était déjà scellé, et la seule condition qui lui a été donnée apprend-on, pour sauver la vie de son fils, était qu’elle accepte de mourir à la place du ‘’voleur’’. Elle n’accède pas, puis retourne et n’en parle à personne, espérant une miraculeuse clémence des ancêtres qu’elle ne cessait d’invoquer.
La veille du 3ème jour donné par le marabout, son fils qui est d’ailleurs le successeur de son défunt mari ne dort pas. Dans son témoignage, sa compagne a indiqué qu’il a commencé à se plaindre de douleurs au niveau du ventre autour de 22 heures, et elle lui a remis quelques comprimés qui ont semblé le soulager. Au petit matin, son état s’est aggravé et il donnait l’impression de se battre avec des forces invisibles avant de s’affaiblir. Conduit à l’aurore à l’hôpital protestant de Mbouo, il perd d’abord l’usage de la parole et rend ensuite l’âme quelques heures plus tard.
Après le deuil, sa mère visiblement hanté la mort de son fils qu’elle a volontairement occasionnée, a pris la résolution d’abandonner son foyer pour rejoindre une de ses filles.
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