Présidentielle 2025: L’Evêque de Bafoussam demande de respecter la vérité des urnes

Dans une déclaration faite dimanche 19 octobre dernier, Monseigneur Paul Lontsie-Keuné prévient sur les graves conséquences que pourrait entrainer l’obsession d’une conservation du pouvoir contraire à la volonté du peuple exprimée par les urnes.

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Alors que les Camerounais retiennent leur souffle dans l’attente de la proclamation par le Conseil constitutionnel des résultats de l’élection présidentielle du dimanche 12 octobre 2025, l’Evêque de Bafoussam, dans une nouvelle adresse faite au peuple de Dieu de son diocèse, dimanche 19 octobre dernier, interpelle les acteurs politiques, en particulier, ceux en charge de la gestion de la suite du processus électoral. « Les actes citoyens posés par les électeurs, depuis les inscriptions sur les listes électorales jusqu’à l’acte historique de vote du 12 octobre dernier sont porteurs de leur dignité personnelle, dignité qui leur est conférée par Dieu Lui-même et que l’Eglise proclame et défend à temps et à contretemps, en tout temps en tout lieu. Alors, piétiner délibérément et par égoïsme la volonté des citoyens constituerait une grave atteinte à cette dignité. Refuser de prendre en compté le vote de  chaque citoyen, serait nier à ce dernier son droit fondamental à exprimer librement sa volonté dans le cadre démocratique prévu par la loi pour contribuer à la marche des affaires de notre grand et beau pays. Ce serait nier aux citoyens et à tout un peuple le droit de voir l’expression de sa volonté être prise en compte par les instances compétentes. Ce serait lui enlever sa dignité; ce qui est intolérable du point de vue moral et de l’enseignement social de l’Eglise. C’est pour cela que nous lançons un vibrant appel à tous les acteurs du processus électoral, surtout en ce moment, et aux différents candidats à l’élection du 12 octobre dernier, pour que chacun agisse en conscience et respecte la vérité des urnes! ‘’La force doit être à la loi’’ certes, mais cette loi doit s’imposer à tous. Comme le dit le Pape Léon XIV, ‘’le manque d’équité est la racine des maux de la société’’ », a martelé l’homme de Dieu. Dans son message intitulé, ‘’le peuple murmure, il réclame la vérité des urnes, Monseigneur Paul Lontsie-Keuné prévient sur les risques auxquels l’on exposerait le pays, en tentant de travestir, la vérité des urnes. « Si la loi s’impose à tous (et la loi s’impose à tous !), alors force sera à la vérité qui deviendra le chemin de la loi. Voilà l’unique condition à remplir en ce moment délicat du processus électoral, afin d’éviter de créer de nouveaux espaces et foyers de tension et de violence dans notre pays. De manière ferme, je tiens à affirmer que la violence, d’où qu’elle vienne, n’est pas la voie convenable pour la construction d’un pays », a-t-il ajouté. Le prélat dans sa sortie condamne les actes de violence enregistrés depuis la tenue du scrutin et décrit un environnement délétère où la moindre étincelle pourrait mettre tout le pays à feu et à sang. « Je condamne donc les actes de vandalisme destructeurs qui ont été perpétrés dans certaines de nos villes et sur des édifices publics. Je condamne également et sans réserve les tentatives d’intimidation et de répression des citoyens qui réclament actuellement la vérité des urnes. Je voudrais rappeler le chemin que nous avons parcouru ensemble pour la construction de cette paix. Sans être exhaustif, j’évoque les diverses exhortations en faveur de la paix et les pèlerinages au cours desquels un symbole fort nous était chaque fois donné : l’arbre de paix que chacun a ramené chez soi pour être partout artisan de la paix. Peut-on tenir l’arbre de paix d’une main et de l’autre bourrer les urnes, falsifier les process verbaux des élections, corrompre les électeurs ou les instances chargées de constater la vérité des urnes ? Et de même, peut-on tenir l’arbre de paix d’une main et de l’autre détruire les biens publics? Menacer, intimider ou mater les autres ?  A mon humble point de vue, il vaut mieux prévenir que guérir; autrement dit, il vaut mieux agir sur les causes potentielles et connues de la violence, plutôt que de se préparer pour affronter les nouveaux foyers de tension sans savoir jusqu’où cela nous conduira. Ne nous leurrons pas il faut reconnaître que quiconque a le sentiment d’être méprisé dans l’expression de son droit de vote, est en droit considérer que sa dignité est bafouée et que son existence est niée. Un tel sentiment peut malheureusement pousser certains concitoyens, qui ne sont plus capables de contenir leurs frustrations, à réagir de manière désordonnée et regrettable. On ne le dira jamais assez: la paix protège le peuple et le peuple protège la paix ; et le chemin de la paix c’est la vérité reconnue et respectée par tous. Le pape Léon XIV nous rappelle que la dignité de toute personne humaine doit être respectée maintenant, pas demain’’ (Dilexi te 92)», a déroulé ce membre du clergé catholique. 

Si certains ont pendant ce scrutin été acteur dans des operations de fraude, d’autres se sont illustrés par des comportements dignes de veritable chrétiens. À ceux-là, Monseigneur Paul Lontsie-Keuné a adressé des felicitations. « Selon des informations de sources concordantes qui sont parvenues à notre niveau, depuis le 12 octobre, beaucoup de citoyens se sont illustrés par une intégrité morale sans pareille, refusant d’être complices de la tricherie électorale, cette délinquance qui se manifeste par le bourrage des urnes ou la falsification des procès-verbaux. C’est le lieu pour moi de féliciter tous ceux qui ont méprisé les billets de banque au profit de la vérité qui seule peut nous rendre libres (cf. Jn 8,32). Il est aujourd’hui question de la vérité des urnes! C’est cette vérité des urnes que le peuple réclame actuellement en continuant de murmurer», a-t-il relevé.

Avant cette sortie Monseigneur Paul Lontsie Keuné avait en marge à cette election présidentielle, adressé deux autres messages au people de Dieu. Le premier était intitulé « le peuple murumure, nous nous interrogeons» et le second, «le peuple murmure, il veut le changement». Pendant plusieurs mois avant l’élection, il avait consacré dans ses homélies, des passages d’abord pour inviter les chrétiens à s’inscrire sur les listes électorales; ensuite d’aller retirer leurs cartes d’électeur; et enfin d’aller voter et de surveiller leur vote.

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